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La ballerine Repetto, du chausson de danse à la rue, questions et réponses

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Rose Repetto ouvre son atelier en 1947, à deux pas de l’Opéra de Paris, pour confectionner les chaussons de son fils, le danseur Roland Petit. De cet atelier de danse est née une ballerine de ville portée partout depuis. Voici les questions qu’on se pose le plus souvent avant d’en choisir une paire.

D’où vient vraiment la ballerine de ville ?

Du chausson de danse, littéralement. Rose Repetto applique aux chaussures de rue la même technique que pour les chaussons de scène : la couture dite « cousu-retourné », qui consiste à assembler la chaussure à l’envers puis à la retourner, comme un gant. Résultat, aucune couture ne frotte à l’intérieur contre le pied, contrairement à une chaussure montée à l’endroit, dont les coutures internes marquent souvent les premiers ports. C’est ce geste d’atelier, pensé pour des pieds de danseurs soumis à des heures de répétition, qui donne à la ballerine de ville son confort particulier dès les premiers essayages.

Pourquoi la « Cendrillon » a-t-elle un nom à part ?

En 1956, Rose Repetto dessine un modèle sur mesure pour Brigitte Bardot, qui la porte dans le film Et Dieu… créa la femme. Le modèle, baptisé « Cendrillon », se distingue par son bout légèrement plus pointu et sa coupe basse sur le dessus du pied, qui allonge visuellement la jambe. Ce nom est resté attaché à la ligne originelle de la maison, par opposition aux nombreuses variantes plus arrondies apparues depuis chez d’autres fabricants.

Comment choisir sa pointure ?

Le cuir souple utilisé pour la ballerine se détend légèrement à l’usage, contrairement à une chaussure rigide qui garde sa forme de départ. Il est donc préférable de choisir sa pointure habituelle plutôt qu’une demi-taille au-dessus par anticipation : une ballerine achetée trop grande dès le départ finit par glisser au talon après quelques semaines. Un essayage en fin de journée, quand le pied est légèrement plus gonflé qu’au réveil, donne une indication plus fiable que le matin.

Comment faire une ballerine à son pied ?

Le cuir souple se travaille les premiers jours : marcher chez soi avec, sur un tapis plutôt que sur un sol dur, aide le cuir à épouser la forme exacte du pied sans forcer sur une zone précise. Une paire portée par temps légèrement humide, ou après une application discrète d’un peu de crème pour cuir sur les zones de pli, s’assouplit plus vite qu’une paire gardée totalement sèche. Il vaut mieux éviter de forcer un pied large dans un modèle étroit dès le premier port : la structure cousu-retourné s’adapte, mais progressivement, pas en une journée.

Comment l’entretenir dans la durée ?

Le cuir craint l’eau stagnante plus que l’humidité passagère : un léger nettoyage à sec, avec un chiffon doux, suffit pour l’entretien courant. Laisser sécher une paire mouillée loin d’une source de chaleur directe, comme un radiateur, évite que le cuir ne durcisse et ne se craquelle. Ranger les ballerines à plat, plutôt qu’empilées, prolonge aussi la tenue de la forme du bout, particulièrement sur le modèle Cendrillon dont la pointe est la partie la plus fragile.

Existe-t-il des variantes plus confortables pour une journée entière ?

Certaines versions proposent une semelle intérieure légèrement plus épaisse ou un renfort discret sous la voûte plantaire, sans altérer la construction cousu-retourné d’origine. Elles conviennent mieux à une journée passée debout ou à beaucoup marcher, quand la version la plus fine, plus proche du chausson de danse initial, reste préférable pour une utilisation plus ponctuelle, le temps d’une soirée ou d’un trajet court.

Avec quoi la porter aujourd’hui ?

La ballerine noire reste la plus polyvalente, aussi à l’aise avec un pantalon large qu’avec une robe. Un modèle en couleur vive, en revanche, fonctionne mieux comme seule touche colorée d’une tenue par ailleurs sobre, pour éviter que l’œil n’hésite entre deux pôles d’attention. Sur un jean brut, elle a l’avantage de casser l’allure sportive d’une basket sans tomber dans le trop habillé d’un escarpin, un entre-deux qui explique en grande partie sa popularité durable auprès de femmes qui marchent beaucoup en ville, par exemple pour rejoindre un marché ou une balade en bord de mer le temps d’un week-end.

La notice consacrée à Repetto sur Wikipédia revient sur la création de l’atelier en 1947 et sur les collaborations qui ont suivi, notamment autour du modèle Cendrillon et de son adoption par le cinéma français des années 1950.


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