Une bougie parfumée qui brûle libère plus que du parfum : de la chaleur de la mèche naissent aussi des particules fines et des composés organiques volatils, mesurés depuis plusieurs années par les organismes chargés de la qualité de l’air intérieur. Rien qui justifie de renoncer à la flamme du soir, mais de quoi ajuster quelques gestes simples.
Ce que mesurent les campagnes françaises
Les campagnes de mesure menées en France, notamment autour de l’ancien Observatoire de la qualité de l’air intérieur, devenu l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs, ont identifié dans les émissions de bougies parfumées du formaldéhyde, de l’acroléine et d’autres composés organiques volatils, à des niveaux qui dépendent fortement de la composition du parfum utilisé et de la durée de combustion. Les bougies enrichies en fragrances synthétiques figurent parmi les sources les plus émettrices, loin devant une bougie non parfumée en cire simple.
L’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire, range les bougies dans la même famille de gestes à limiter que les sprays désodorisants ou l’encens, sans pour autant recommander de les bannir. Elle rappelle simplement l’importance d’aérer, quel que soit le produit à l’origine des émissions :
« RÉDUIRE LES ÉMISSIONS À L’INTÉRIEUR — Eviter les cigarettes, bougies et encens (…) AÉRER CORRECTEMENT — Aérer son logement en ouvrant les fenêtres, 10 à 15 minutes par jour minimum. » — Anses, repères sur la qualité de l’air intérieur.
Les gestes qui limitent l’exposition
Sans renoncer à une bougie certains soirs, quelques précautions réduisent nettement l’exposition : tailler la mèche avant chaque allumage pour éviter une flamme trop haute et fumante, ne pas la laisser brûler plus d’une heure ou deux d’affilée, et surtout aérer la pièce pendant et après sa combustion, comme le recommande l’Anses pour l’ensemble des sources de pollution intérieure. Choisir une pièce que l’on aère facilement, plutôt qu’une chambre fermée toute la nuit, change déjà beaucoup à l’exposition cumulée sur une soirée.
Une bougie n’a rien d’un danger caché : elle s’inscrit simplement dans le même équilibre que tous les gestes du quotidien qui touchent à l’air d’un logement, entre produits d’entretien, cuisine et ventilation. Le même souci de mesure s’applique d’ailleurs aux soirées cocooning où l’on multiplie les sources de confort, du plaid épais aux mailles qui reviennent chaque automne dans le vestiaire d’intérieur.



