Claude Monet a mis plus de quarante ans à composer les jardins de Giverny, et ce temps se voit : aucun mois n’y ressemble vraiment à un autre. Choisir sa saison, plutôt que de venir seulement « voir les nymphéas », change complètement l’expérience de la visite.
Le Clos normand, un jardin pensé comme une palette
Devant la maison aux volets verts, le Clos normand est organisé en bandes de couleurs que Monet renouvelait selon les saisons, dans un principe proche de celui qu’il appliquait à ses toiles. Les allées centrales, bordées d’arceaux, se couvrent de rosiers grimpants et de clématites à partir du printemps, tandis que les massifs au sol changent de teinte dominante presque chaque mois.
C’est un jardin de succession plus que d’accumulation : les tulipes et narcisses du début du printemps cèdent la place aux iris, puis aux pivoines, avant que les couleurs plus chaudes des dahlias et des cosmos ne prennent le relais en fin d’été. Notre rubrique Beauté & Soins revient régulièrement sur la façon dont certaines de ces fleurs entrent dans la composition de soins ; ici, elles restent d’abord affaire de jardin.
Le jardin d’eau, du pont japonais aux nymphéas
De l’autre côté de la route, le jardin d’eau creusé par Monet à partir de 1893 obéit à un tout autre rythme. Le pont japonais, repeint dans ce vert caractéristique, se couvre de glycine au printemps, avant que les nymphéas n’occupent le bassin tout l’été. La lumière y change selon l’heure autant que selon le mois, ce qui explique pourquoi Monet y est revenu, toile après toile, sur près de trente ans.
Un calendrier pour choisir sa visite
| Période | Clos normand | Jardin d’eau |
|---|---|---|
| Avril | Tulipes, narcisses, premiers pommiers en fleurs | Glycine sur le pont japonais |
| Mai | Iris, pivoines | Iris d’eau, premiers nymphéas |
| Juin – juillet | Roses grimpantes, delphiniums | Nymphéas en pleine floraison |
| Août | Cosmos, tournesols | Nymphéas encore abondants |
| Septembre – octobre | Dahlias, asters | Derniers nymphéas avant fermeture |
Comment s’y rendre depuis Paris
Giverny se trouve dans l’Eure, à une soixantaine de kilomètres de Paris, mais sans gare directe : le trajet passe par Vernon, desservie depuis la gare Saint-Lazare en un peu moins d’une heure. De la gare de Vernon, il reste environ quatre kilomètres jusqu’au village, parcourus à vélo le long de l’ancienne voie de chemin de fer, en navette, ou à pied pour qui ne compte pas son temps.
Cette dernière étape mérite d’être anticipée : les navettes se calent sur les horaires des trains en haute saison, mais deviennent plus rares en dehors des mois d’affluence, quand la fréquentation touristique de Vernon elle-même se réduit. Le vélo reste alors l’option la plus souple, la route étant plate sur la majeure partie du trajet.
Organiser sa venue à deux
La fondation Claude Monet ouvre traditionnellement du printemps jusqu’aux premiers jours de novembre, et ferme durant l’hiver : les horaires précis et les dates de la saison se vérifient sur le site de la fondation avant de réserver. Pour un week-end à deux, mieux vaut viser un jour de semaine et une arrivée à l’ouverture, avant l’afflux des groupes ; le jardin d’eau, plus étroit que le Clos normand, se traverse alors sans bousculade.
Mai et juin restent les mois les plus demandés, pour les iris et les premiers nymphéas ; septembre, plus tranquille, offre une lumière plus rasante et des couleurs tout aussi denses, dans une ambiance moins chargée.




